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Les médias en Libye, la révolte de la débrouille

28 Fév

En Libye, ce que certains observateurs appellent déjà une révolution 2.0 continue à faire rage dans les rues comme sur le terrain de l’information. A l’instar des Tunisiens et des Égyptiens, l’opposition doit rivaliser d’ingéniosité, de courage et de débrouille pour informer « librement » les citoyens comme les observateurs étrangers.

Voir l’extrait du JT :  « Libye: les médias ont beaucoup de peine à relayer l’information »

Rendez-leur la révolution

Bien sûr, la chute d’un pouvoir s’obtient par la rue et non par « hashtags » sur Twitter, comme l’expliquait fort justement Philippe Laloux du Soir à propos de l’Egypte. Mais pour qu’une révolte s’opère, le message doit se propager le plus largement possible, les images doivent se partager, les idées circuler…. enfin vous avez compris, je n’aurai pas la prétention ici de donner un cours sur l’importance des médias ou et de l’information dans un conflit.

Kadhafi « Game Over » on TV ?

Alors à l’est de la Libye, de Benghazi à Tobrouk, on s’active pour faire vivre les événements en direct sur le web comme en radio. Les citoyens s’emparent des médias, c’est un phénomène qui se répand jusqu’à Tripoli, toujours aux mains de Kadhafi.

Enfin, la chute du leader pourrait atteindre le climax d’une reprise en main du champ médiatique par le peuple libyen. Elle sera sans doute retransmise sur toutes les télévisions et les ordinateurs du monde. 2.0 qu’on disait….

Le Turkmenistan ou la web-dictature

9 Fév

Aaaaah le Turkmenistan….Dictature d’Asie centrale qui reste relativement méconnue du grand public. Pourtant, ce pays se classe parmi les pays les plus fermés du monde en matière de liberté de la presse. Mais plus que l’information, c’est l’accès à celle-ci qui est cadenassée par des tarifs internet exorbitants.

Ce vaste pays côtier de la mer Caspienne partage ses frontières avec l ‘Afghanistan, l’Iran,le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Coincé dans une région qui n’est pas vraiment un îlot de démocratie, cette ancienne  république socialiste soviétique, dirigée de main de fer Gurbanguly Berdimuhamedow, s’affiche comme l’une des dictatures les plus répressives du monde.

Un exemple frappant mais aussi surprenant est l’accès à Internet. Le premier cybercafé du pays a ouvert en 2007 et l’Etat a autorisé l’accès au web à domicile en…2008. Voilà donc trois petites années que les Turkmènes peuvent profiter de l’accès à l’information sur le net, du moins pour ceux qui peuvent se le permettre.

7000$ par mois

Voilà toute la subtilité de la question. L’accès à internet est autorisé mais il est conditionné par des frais de facturation prohibitifs.  C’est bien simple, pour bénéficier d’une connexion au web il faut pouvoir débourser près  de 7000 dollars par mois pour une ligne ADSL. Pour accéder à ce service, un seul service, d’état naturellement : Turkmen Telekom.

Une connexion à haut débit de 2 Mbits par seconde coûte tout simplement 175 fois plus cher au Turkmenistan qu’en Belgique. Mais la dictature asiatique qui entretient des liens privilégiés avec le pouvoir français et ses grandes entreprises a prévu des parades pour les classes les plus défavorisée de la société avec une connexion à bas débit de 64 Kbits (oui oui…64 Kbits !) proposée à plus de 200 dollars par mois, soit le salaire moyen en vigueur dans le pays.

Nous ne sommes pas prêts de voir le hashtag #Turkmenistan souffler un vent de révolte sur la Twittosphère…