La vérité sur l’affaire des jeunes Belges bloqués en Espagne

8 Fév

Beaucoup de choses ont été dites ou écrites au sujet de l’affaire des étudiants bloqués à Lanzarote. L’information arrivait ce weekend au compte-goutte dans les rédactions au gré des emails des parents et des coups de téléphone des jeunes sur place. Ce mardi encore, la Capitale faisait sa une avec un titre sans équivoque « Dehors les gamins de m… ». Petit retour en arrière après un titre ironique et pompeux.

L’histoire commence samedi matin à l’aéroport de Lanzarotte aux Canaries. Vers 10h, les passagers embarquent dans le bus qui les emmène à bord d’un avion de la compagnie Rynair. A son bord des familles, des personnes âgées et un groupe d’une centaine d’étudiants de l’ULB, de Saint-Louis, de l’Ichec et d’autres écoles supérieures. Mais aussi, une poignée de jeunes garçons plutôt agités.

L’un d’entre eux s’emporte contre une hôtesse qui veut lui imposer une surtaxe à cause de son bagage trop grand pour la cabine. Mais la discussion est très animée, le jeune homme refuse de payer et une violente altercation éclate alors entre la bande et l’équipage.

Tout le monde descend

Le fauteur de trouble est arrêté avant de monter dans l’avion. Mais dans l’appareil, ses amis protestent et tentent de retarder le décollage. Au bout de quelques minutes, la commandante de bord appelle la police. La Guardia Civil monte à bord et débarque tous les passagers sans distinction.

Les policiers filtrent alors les passagers, les familles et les personnes âgées remontent à bord, les 120 jeunes restent au sol. Depuis samedi, ceux-ci rentrent par petits groupes vers la Belgique, souvent sur des vols avec escale. Pour cause, le seul vol à destination de Charleroi depuis l’incident décollait ce mardi matin. Ils sont encore une dizaine sur place.

Delphine, étudiante à Saint-Louis, était sur le fameux vol, elle a été débarquée comme tous les étudiants. Pour elles, la bande de jeune est responsable de l’incident : « Ils étaient une quinzaine, il étaient bruyants et ils mettaient la musique à fond sur leurs baffles. Quand la dispute a éclaté, le jeune et ses amis ont commencé à s’énerver et à insulter tout le monde » explique-t-elle. Un témoignage qui va dans le sens des informations données par d’autres passagers dans différents quotidiens et dans les journaux télévisés de la RTBF et de RTL-TVi.

Les « gentils » et les « méchants »

Contactée par e-mail, Marie-France s’explique elle-aussi. Cette dame qui voyageait sur cet avion avec son mari ne mâche pas ses mots, et ses propos prennent même une tournure douteuse : « Déjà à l’aller tous ces « jeunes » ont mis le bazar dans l’avion. Ils hurlaient et ils dansaient à moitié nus dans l’avion. (…) Au retour, ils insultaient l’hôtesse en arabe, ils ont voulu prendre l’avion en otage en gueulant «Molenbeek en force» (…) les étudiants eux étaient très gentils et ils n’osaient rien dire, ils n’ont rien à voir avec ça« .

En lisant entre les lignes de ce dernier commentaire et de ce que l’on a pu lire dans la presse, on observe souvent dans le traitement de cette information une distinction nette entre les étudiants de l’ULB et les autres « jeunes » du vol. La Capitale, dans son édition imprimée, va même plus loin, en mettant un visage sur ceux-ci, des Bruxellois d’origine arabo-africaine. Or c’est là que le bât blesse. Il y aurait donc deux types de jeunes. D’un côté, les « gentils », blancs, étudiants d’études supérieures et éduqués. De l’autre côté, les « méchants » : nord-africains, issus de quartiers populaires et agités.
Des Belges bruyants

Mais à cette logique d’opposition, la commune de Lanzarote elle-même a réagi, relayée par « La Provincia » dans son édition papier. Loin de se lancer dans d’épineuses questions agitant le spectre du racisme, du côté espagnol on met tous les jeunes, étudiants ou non, dans un même panier. Le quotidien parle d’un « cauchemar » pour la population locale et les commerçants de l’île. Les jeunes Belges auraient semé le désordre dans leurs appartements, troublé le sommeil des habitants la nuit, mobilisés les services de police…

Bref, ceux-ci sont décrits comme une horde de jeunes gens ivres et indisciplinés venus perturber le calme de cette île des Canaries. Une histoire qui fait penser au célèbre sketch des Inconnus, qui traiterait ici de la différence entre un bon et un mauvais jeune…

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