Yo ? Non, peut-être !

11 Mar

Yo ? Non, peut-être ! Immersion dans la musique Hip-Hop à Bruxelles. Voilà le titre complet du documentaire dont je vous parle depuis près d’un an et demi sur le blog. Un docu que j’ai réalisé seul, avec ma petite caméra HD.

Un travail qui a demandé des mois de préparation et plus d’un an de tournage. Aux quatre coins de Bruxelles (vous reconnaitrez sans doute la carte de la ville dans le logo), dans les concerts, les studios d’enregistrements, les magasins, la rue… partout j’ai trainé mes baskets et ma caméra pour capter le rythme et les messages d’un genre musical en plein mouvement.

Freestyles et montage

Au bout d’une vingtaine d’interviews avec certains des acteurs majeurs du Hip-Hop d’hier et d’aujourd’hui (Benny-B, Fourmi, Pitcho, Akro, James Deano, Scylla, Gandhi, BD Banx, 13Hor, L’AB7, B-Lel, La Rez, Hoomam, Deparone, …), le tournage s’est enfin achevé la semaine dernière. A présent, je suis en train de monter le projet et de mettre en scène ces dizaines d’heures d’images.

Histoire de partager un peu ce travail avec vous avant la sortie officielle, je mettrai plusieurs freestyles enregistrés par les rappeurs bruxellois en ligne. A commencer par celui-ci, avec Scylla, l’une des figures de la scène de « Bx« . C’est d’ailleurs son clip, « BX Vibes« , qui m’a donné le déclic pour me lancer vraiment dans cette aventure. Voilà donc le premier « teaser » ;)

Même si j’ai réalisé le documentaire tout seul, j’ai été aidé par différentes personnes. Notamment Déparone, du label Give Me 5 qui m’a conseillé et ouvert les portes à de nombreux contacts.

Plus tard, Julien Kremer s’est occupé du graphisme et de l’habillage visuel du docu; il confectionne encore la future illustration de « YNPE ».

Et enfin, last but not least, je suis actuellement en phase de montage avec Majin Tikal, un petit génie du genre, drogué à des noms qui claquent et cognent fort comme Kourtrajmé, Chapiron, Cassel, Assassin, Koenen et Tarantino.

Vous avez pu retrouver cette aventure à la rentrée 2011 dans un documentaire de 26 minutes. D’ici là, j’espère que les freestyles vous ont plu, Yo !

Les autres freestyles:

Convok et la séance de « punchlines »

L’AB(7/2C), OVNI du Hip-Hop

B-Lel, Deparone: les gars qui foncent

La Rez, voix des quartiers bruxellois

James Deano, rien à déclarer

13Hor, poids lourd à coeur ouvert

La bande-annonce:

Apple, créateur de besoins inutiles ?

7 Mar

Chaque nouveau produit d’Apple suscite un engouement considérable des férus de technologies. Chantre de la « hype » et de la création, Steve Jobs mène le monde du high-tech à la baguette en créant perpétuellement de nouveaux besoins en la matière. Mais pourquoi est-il si fort ?

C’était l’événement technologique de la semaine dernière, le lancement de l’iPad2 par Steve Jobs « himself ». Plus léger, plus performant, plus rapide etc. tout a déjà été écrit sur la nouvelle tablette de la marque à la pomme, à la faveur d’une large campagne de communication alimentée par des mois d’attente et de rumeurs en tout genre.

L’attente. C’est le maître mot dans une campagne de lancement d’un nouveau produit Apple. Le schéma est toujours le même : faire fuiter quelques informations puis attendre, laissez faire les internautes, laisser monter le buzz. Cette attente suscite à chaque fois l’envie, la curiosité, les fantasmes, les rumeurs et surtout l’impatience chez des millions d’aficionados. Quand la mayonnaise semble bien montée, alors Saint-Apple communique, souvent de façon laconique. On avance alors une date clef et on lance les cartons d’invitation.

“Pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant ?”

Une mécanique si bien rodée que la moindre petite mise à jour d’un produit à la pomme fait l’effet d’un mini événement. L’actualisation des OS de l’iPhone en sont le parfait exemple. Une logique perpétuelle d’innovation puis d’actualisation d’un nouvel outil à la lumière des défauts du précédent. Une entreprise presque machiavélique de « ringardisation  » de tout ce qui est remplacé ou amélioré.

La révolution d’aujourd’hui deviendra vite un objet obsolète quelques années voir même quelques mois plus tard. Cette logique est propre au marché du high-tech bien sûr, mais chez Apple elle parait presque être à l’essence même de la conception de ses produits.

Plus de mises à jour pour certains iPhones

Pour preuve, la marque vient d’annoncer qu’elle arrêterait les mises à jour pour les iPhone inférieurs à la version 3Gs et les iPod Touch 2G. Le nouvel iOS 4.3 attendu le 11 mars prochain ne sera donc pas disponible sur ces appareils, vieux de moins de trois ans. Une politique qui relance par la même occasion la question propre à la stratégie commerciale des mises à jours.

Car à chaque lancement et pour chaque objet, on se pose une simple question : « Pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant ? ». Une interrogation qui peut paraître candide voir même simpliste, mais cette question tout le monde se la pose. Dès le lancement des premiers iPod, du premier iPhone mais surtout de l’iPad, les questions et les critiques pleuvaient. Pourquoi n’y avait-il pas de flash sur l’iPhone ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas exporter la musique de mon iPod sur un PC ? Pourquoi n’y a-t-il pas de caméra sur l’iPad ? Pourquoi ne peut-on pas téléphoner avec l’iPad ? En se référant aux suggestions Google, on pourrait sans doute dresser une liste de plusieurs dizaines d’interrogations du même genre.

Du show, du show, du show

Pourtant, chaque nouveauté se place comme un hit des ventes mais surtout comme un standard de « hype ». C’est bien sur la mode et ses effets d’imitation qu’Apple joue ses meilleures cartes. Un succès du en grande partie à son gourou Steve Jobs. Comme un symbole, malgré ses problèmes de santé, c’est lui-même qui s’est chargé d’annoncer la sortie de l’iPad2. Du pathos, de la mise en scène et une touche de sublime pour lancer la nouvelle version d’une tablette électronique. Un nouveau gadget à la fois désirable, inutile et indispensable présenté comme une révolution d’un genre déjà saturé de projets du même type.

Une fois encore, on se pose une multitude de questions sur le nouvel objet et sur ses capacités. Cependant, devant ces nouveautés technologiques, on oublie sans doute parfois de se poser une question bête et presque primaire : « Au fond, à quoi ça sert ? ». Une interrogation qui pourrait relativiser la plupart de nos achats.

Mais en acceptant le jeu d’Apple et son culte du désirable, en intériorisant l’envie et le besoin de combler des manques artificiels de technologie….  il est difficile parfois d’intellectualiser un achat en se questionnant sur son utilité réelle. « Ça ne sert à rien et c’est pour ça que c’est super… » aurait pu écrire un Paul Eluard 2.0.

Martin Médias pour Geeko

James Deano rappe 5 sur 5

3 Mar

Décidément, après deux ans d’absence le rappeur James Deano a bien l’intention de faire parler de lui. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche ! Tout commence avec un clip pop et kitsch qui divise son public et agite les pages Facebook avant de revenir ensuite avec un excellent sketch en guise de réponse parodique.

Cette fois, James Deano s’est associé avec Déparone et son label bruxellois Give Me Five pour réaliser un « freestyle » vidéo. Dans ce mini clip, on retrouve « le buzz et l’argent du buzz » une chanson extraite de la future compilation du label qui sortira ce samedi 5 mars sur le web.

Deano et Give Me Five, un duo qui occupe une bonne place dans le 5 de base du Hip-Hop belge. Histoire de ne pas laisser ses fans en reste, le fils du commissaire vient d’ailleurs de lancer ses freestyle de la semaine sur sa page Facebook. Voici l’épisode 1.

Les médias en Libye, la révolte de la débrouille

28 Fév

En Libye, ce que certains observateurs appellent déjà une révolution 2.0 continue à faire rage dans les rues comme sur le terrain de l’information. A l’instar des Tunisiens et des Égyptiens, l’opposition doit rivaliser d’ingéniosité, de courage et de débrouille pour informer « librement » les citoyens comme les observateurs étrangers.

Voir l’extrait du JT :  « Libye: les médias ont beaucoup de peine à relayer l’information »

Rendez-leur la révolution

Bien sûr, la chute d’un pouvoir s’obtient par la rue et non par « hashtags » sur Twitter, comme l’expliquait fort justement Philippe Laloux du Soir à propos de l’Egypte. Mais pour qu’une révolte s’opère, le message doit se propager le plus largement possible, les images doivent se partager, les idées circuler…. enfin vous avez compris, je n’aurai pas la prétention ici de donner un cours sur l’importance des médias ou et de l’information dans un conflit.

Kadhafi « Game Over » on TV ?

Alors à l’est de la Libye, de Benghazi à Tobrouk, on s’active pour faire vivre les événements en direct sur le web comme en radio. Les citoyens s’emparent des médias, c’est un phénomène qui se répand jusqu’à Tripoli, toujours aux mains de Kadhafi.

Enfin, la chute du leader pourrait atteindre le climax d’une reprise en main du champ médiatique par le peuple libyen. Elle sera sans doute retransmise sur toutes les télévisions et les ordinateurs du monde. 2.0 qu’on disait….

Le meilleur clip de rap du monde

27 Fév

Ce n’est pas moi qui le dit mais les fans de l’excellent site débilo-humoristico-geek « 10 minutes à perdre« . Un site dont je vous parlais déjà il y a un peu moins d’un an sur l’ancien blog. Ce duo comique, en plus de délivrer chaque jour un condensé de l’inutile-indispensable du web, distille des sketchs et autres chansons à l’occasion pour le plus grand bonheur des internautes. Leur hit, une chanson absurde au nom sans équivoque: « Vraiment PD »

Ils arrivent aujourd’hui avec une nouveauté, un clip de rap tout pourri filmé avec une vieille handycam à cassette. Leur mission: nous apprendre l’anglais et le breakdance en même temps. Ce clip oldschool, largement inspiré par une vieille chanson d’NTM, nous replonge un peu dans l’univers coloré et graffiti du début des années 90.

 

 

L’occasion d’ailleurs pour Baptiste et Gaël de rhabiller leur site aux couleurs et tendances des années 90’s. Depuis quelques jours, ils relayent tout une série de vieux buzz d’une époque où l’on faisait autre choses de nos journées que de regarder des vidéos sur YouTube.

Ça parait parfois si loin… d’ailleurs si vous prenez un coup de vieux, je vous conseille d’aller faire un tour sur cet excellent site.

BD Banx fait « jumper » rap et rock

19 Fév

L’artiste belge BD Banx poursuit son évolution musicale du Hip-Hop au rock dans un style très particulier et authentique. Pour opérer cette fusion des styles, dans un genre parfois fermé aux mélanges, l’artiste ose casser les clichés et les codes du rap, pour amener la musique à un nouveau niveau.

Ceux qui le connaissent déjà depuis l’époque de « LPC » ou du « Chant Des Loups » ne devraient pas être trop surpris par son évolution musicale, le flow du comparse de Youssoupha est resté intact.

Grosses moustaches

Pour ceux qui le découvrent,  c’est l’occasion de poser un regard différent sur une musique sans barrières, loin des clichés, dans laquelle un rappeur peut s’entourer d’un « band » pour donner une toute nouvelle atmosphère a des textes conscients comme aux meilleures « punchlines ».

Histoire de lancer ce nouveau projet comme il se doit, BD Banx arrive avec un véritable OVNI, clip aux tendances 70’s avec des grosses moustaches. Réalisé par François Chandelle, on assiste à la mise en images décalée de « Jump », un titre indy-grunge-rap-fusion-noisy, appellez ça comme vous voulez !

 

Un titre qu’il a défendu sur scène à la Boutik Rock ce jeudi 17 février où je l’ai filmé dans le cadre de mon reportage sur le Hip-Hop bruxellois Yo ? Non, peut-être!, en phase de fin de tournage.

La sombre déchéance de James Deano

19 Fév

Je vous en parlais il y a quelques semaines, le rappeur belge James Deano fait son grand retour sur la scène musicale…mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu.

Son dernier clip « Dream Love » a reçu un accueil plutôt mitigé de son public qui lui reproche de trop s’écarter de la rue. Mais depuis…c’est le drame. Seul et incompris par ses anciens fans, paradoxalement, c’est en plein cœur de la rue qu’on le retrouve.

Les caméras de Nicolas Ceuppens pour « 50 Minutes Outside » l’ont suivi dans une journée comme tant d’autres sur le pavé namurois. Le résultat est accablant.

Salut l’artiste…

Merci l’Internet

15 Fév

Vraiment merci…

« L’attentat pâtissier », une agression comme les autres ?

10 Fév

C’est l’évènement médiatique qui agite le web depuis hier. Eric Zemmour, le célèbre polémiste s’est fait entarter en pleine rue en se rendant à la radio. Un acte revendiqué par « La section bruxelloise de l’Internationale pâtissière » qui souhaitait régler son compte au double Z. Noël Godin a fait des émules, au point d’avoir créer une nouvelle forme de contestation non violente. Ou presque….

S’attaquer à Eric Zemmour (voir la vidéo) est un geste hautement symbolique, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, célèbre cible du leader du mouvement pâtissier, le chroniqueur de France 2 est un penseur réactionnaire dont les propos cristallisent toujours autant de passions. Pour preuve, il y a moins d’un mois, le tribunal correctionnel de Paris avait d’ailleurs requis la condamnation du chroniqueur Eric Zemmour pour diffamation et provocation à la discrimination raciale après ses propos controversés.

Des propos  tenus dans l’émission de Thierry Ardisson sur Canal +, « Salut les terriens », dans laquelle il avait déclaré que la « majorité des trafiquants de drogue étaient des noirs et des arabes« .

Le phrase de trop

Coutumier des sentences lapidaires, cette phrase était sans doute celle de trop, celle qui déclenchera la plus grande polémique en tout cas. Quelques mois plus tard, voilà donc Eric Zemmour entarté au panthéon des « pompeux cornichons » avec Bill Gates, Nicolas Sarkozy, BHL (sept fois), Jean-Pierre Chevènement et bien d’autres encore. Ces derniers avaient tous été la cible Noël Godin ou de sa garde la plus proche. Godin ou « Le Gloupier », père spirituel du mouvement anarcho-comique de « l’internationale pâtissière« .

Un mouvement qui ne fait pas toujours rire les victimes de ces attaques. Mais celles-ci se retrouvent bien souvent dans une situation particulière résultante de la nature même de l’attentat. Une réaction disproportionnée les faisant immédiatement passer pour de sinistres personnages, comme le montre cette célèbre scène où BHL serre les poings devant un Godin au sol, interdit devant tant l’agressivité du philosophe à la chemise blanche.

Un acte punissable

Même si l’entartage bénéfice d’une bonne image populaire, irrévérencieuse et joyeusement révolutionnaire, au regard de la loi il est condamnable comme toute agression sans chantilly. C’est ainsi qu’en octobre 2002, suite à une plainte de Jean-Pierre Chevènement, Noël Godin avait été condamné à 800 euros d’amende pour « violences volontaires avec préméditation« . Deux ans plus tard, cette peine fut même alourdie en appel à 2 500 euros, soit 7 531 euros avec les frais de justice.

Eric Zemmour, lui, n’a pas été entarté par « Le Gloupier » mais par des disciples bruxellois à l’humour potache, animés par le même goût de la provocation. Spécialiste en la matière, le chroniqueur n’a pourtant que moyennement apprécié le geste. Passant des insultes qu’on voit dans la vidéo à une déclaration de mépris envers des « abrutis« , l’auteur de « Mélancolie française » ne devrait à priori pas se tourner vers la justice pour faire condamner ses agresseurs.

La justice elle attend toujours Eric Zemmour, les délibérations de son procès pour racisme pourraient aboutir sur une condamnation bien réelle de l’écrivain. Sans blague…

Le Turkmenistan ou la web-dictature

9 Fév

Aaaaah le Turkmenistan….Dictature d’Asie centrale qui reste relativement méconnue du grand public. Pourtant, ce pays se classe parmi les pays les plus fermés du monde en matière de liberté de la presse. Mais plus que l’information, c’est l’accès à celle-ci qui est cadenassée par des tarifs internet exorbitants.

Ce vaste pays côtier de la mer Caspienne partage ses frontières avec l ‘Afghanistan, l’Iran,le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Coincé dans une région qui n’est pas vraiment un îlot de démocratie, cette ancienne  république socialiste soviétique, dirigée de main de fer Gurbanguly Berdimuhamedow, s’affiche comme l’une des dictatures les plus répressives du monde.

Un exemple frappant mais aussi surprenant est l’accès à Internet. Le premier cybercafé du pays a ouvert en 2007 et l’Etat a autorisé l’accès au web à domicile en…2008. Voilà donc trois petites années que les Turkmènes peuvent profiter de l’accès à l’information sur le net, du moins pour ceux qui peuvent se le permettre.

7000$ par mois

Voilà toute la subtilité de la question. L’accès à internet est autorisé mais il est conditionné par des frais de facturation prohibitifs.  C’est bien simple, pour bénéficier d’une connexion au web il faut pouvoir débourser près  de 7000 dollars par mois pour une ligne ADSL. Pour accéder à ce service, un seul service, d’état naturellement : Turkmen Telekom.

Une connexion à haut débit de 2 Mbits par seconde coûte tout simplement 175 fois plus cher au Turkmenistan qu’en Belgique. Mais la dictature asiatique qui entretient des liens privilégiés avec le pouvoir français et ses grandes entreprises a prévu des parades pour les classes les plus défavorisée de la société avec une connexion à bas débit de 64 Kbits (oui oui…64 Kbits !) proposée à plus de 200 dollars par mois, soit le salaire moyen en vigueur dans le pays.

Nous ne sommes pas prêts de voir le hashtag #Turkmenistan souffler un vent de révolte sur la Twittosphère…